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Square incrusté
dans le béton inaltérable.
Une muraille l'encercle dans une pénombre impalpable.
La lumière diffuse dissout les ombres portées
Et plus rien ne le porte, si ce n'est ce grillage
Qui le fend. Sur le côté, un grand trou creusé.
Tout au fond, un jardin enterré sans feuillage.
En son cur, serpente une allée de pots de fleurs.
Silhouette sinueuse qui s'évanouit. Ailleurs,
Ce bac à sable à Paris, plage de sable gris.
Tels des cadavres, les pelles et râteaux jonchent le sol,
Devenus les rebuts du désir qui s'étiole.
Les enfants s'amusent à se battre dans la tourbière,
Leurs mains déterrent, leurs doigts détruisent, leurs ongles
déchirent.
Dans la tranquillité des cris, ils jettent la terre
Et la petite fille au toboggan les admire.
Impatiente, elle tambourine sur l'acier glacé
Puis elle se laisse basculer et se fait happer.
Elle s'écroule et rejoint les enfants qui désirent.
Plus loin, barrière de bois cassée, étang muré,
Poissons emprisonnés, arbustes desséchés.
Et les bambous frémissent, et les oiseaux gémissent.
Sillage de pas dans la boue qui franchissent les limes.
Loin, par-delà le jardin, les cloches retentissent.
Elles nous chantent le requiem du passage intime.
La dernière note jouée, le carillon s'éteint.
Près de la frontière boisée, sortie de jardin
Vers l'extérieur. Square incrusté dans le béton.
Benoît
Santiano
Colombes, mars 2003
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