Espace dégagé
dans un paradis
De solitude clôturé par des haies.
La pelouse immaculée se finit
À la lisière des grilles et des futaies.
Au-delà
de l'orée, rien ne surgit
Si ce n'est la sérénité du vide.
L'inattendu est comme aboli
Par un ordonnancement trop limpide.
Quelque part
des aboiements étouffés
Se font échos comme seul dialogue possible.
Ailleurs, dans une clairière ensoleillée,
Une personne dort d'un sommeil impassible.
Le temps est comme suspendu dans l'attente
Eternelle de promeneurs disparus.
C'est un lieu hanté d'ombres évanescentes
Happées par les chimères du superflu.
Tout semble
converger vers un étang
Au cur d'une végétation oubliée.
Et sur l'écrin aquatique étincelant,
Glissent des cygnes d'une blancheur immaculée.
Un silence
de mort enserre l'oasis,
Où tout semble happé par un monde surfait.
Le vide accompagne une ambiance trop lisse.
Plus rien ne se passe, tout est trop parfait.
Benoît
Santiano
Colombes, août 2004
Photos
du Vesinet.
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