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Synthèse sur
La Dynamique du capitalisme
de Fernand Braudel
 
 

Dans cet ouvrage, Braudel entreprend une analyse de l'histoire économique en réfléchissant sur les équilibres et déséquilibres du long terme. L'historien effectue une distinction entre la civilisation matérielle, l'économie de marché et la capitalisme.

Selon l'auteur, les économistes se trompent en réduisant l'économique à la sphère des échanges, et en ne prenant pas conscience de la différence entre l'économie de l'échange et le capitalisme. En effet, il existe toute une infra-économie se concrétisant dans l'auto-consommation et qui représente un volume absolument gigantesque jusqu'au XVIIIe siècle. C'est à partir de la description de cette civilisation matérielle pétrie d'habitudes inconscientes que l'historien va analyser l'économie de marché et ensuite le capitalisme.


Suivant l'historien, la civilisation matérielle et l'économie d'échange se différencient par les marchés élémentaires :

En-deçà du marché élémentaire la marchandise a une valeur d'usage.
Au-delà du marché élémentaire la marchandise a une valeur d'échange.

Partant de cette différence, il décrit l'économie de marché comme une couche plus ou moins épaisse entre l'océan de la vie quotidienne qui la sous-tend, et les processus du capitalisme qui, une fois sur deux, la manoeuvre d'en haut.

Pour Braudel, la distinction entre économie de marché et capitalisme se fait par l'apparition des grands négociants qui vont court-circuiter la libre concurrence, car ils vont s'établir comme le maillon nécessaire d'une chaîne reliant le producteur au consommateur. "Or, plus ces chaînes s'allongent, plus elles échappent aux règles et aux contrôles habituels, plus le processus capitaliste émerge clairement."

Caractéristiques du grand négociant : Il ne se spécialise pas, car aucune branche de la société n'est assez développée pour absorber toute son activité, et de plus, le capitalisme change en permanence ses activités car il est de nature conjoncturelle.

Caractéristiques du capitalisme : Le grand capitalisme prolonge les inégalités structurelles de la société. La grande bourgeoisie s'est substituée à la noblesse, non pas pour changer la société, mais au contraire pour se fondre dans la stabilité sociale des grands lignages, la propriété et la sécurité. Toutes ces caractéristiques réunissent les conditions d'un développement du grand capitalisme et donc celui-ci n'apparaît pas comme un mouvement d'émancipation de la société, mais au contraire, il finalise la hiérarchisation sociale instituée durant de nombreux siècles.

Le capitalisme n'invente donc pas les hiérarchies, les inégalités, il les perpétue.

L'historien ayant décrit le fonctionnement social particulier du capitalisme, va ensuite articuler cette notion par rapport à la formation de blocs géographiques et donc intégrer le capitalisme dans une histoire générale du monde.

Selon l'auteur, les blocs géographiques forment des économies mondes qui vivent presque en autarcie et dont les échanges entre elles sont très réduits, ceux-ci restant le domaine réservé du capitalisme. Braudel partant d'une analyse historique constate que chaque économie monde se construit autour d'un centre, s'élargissant sous forme de zones concentriques de moins en moins développées et de moins en moins structurées. Dans le cas de l'Europe, la zone périphérique est celle de l'Amérique considérée comme un vaste réservoir d'esclaves.

Le capitalisme perpétue donc les inégalités du microcosme (les inégalités entre individus d'une économie-monde) au niveau du macrocosme, ou autrement dit, les inégalités se répartissent au niveau planétaire entre les pays.

Benoît Santiano
Maisons-Alfort, Octobre 1994


Vous trouverez une fiche de lecture beaucoup plus détaillée à l'adresse suivante : http://www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/braudel.html


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